GAZ DE SCHISTE : C’EST FINI ?

Posté par 2ccr le 15 avril 2011

GAZ DE SCHISTE : C’EST FINI ? dans ecologie et consommationLes gaz de schiste sont difficiles à extraire car encore emprisonnés dans la roche contrairement au pétrole conventionnel, qu’un simple forage vertical suffit à faire remonter en surface. Pour l’exploitation on utilise donc la technique de fracturation hydraulique qui a été développée aux États-Unis, et dont les habitants en subissent aujourd’hui les conséquences désastreuses. Cette technique consiste à envoyer d’énormes quantités d’eau et de produits chimiques à 2000 mètres de profondeur, après avoir fait exploser des charges pour extraire le gaz piégé dans les couches de roche. Cette fracturation artificielle consiste en l’injection d’eau mélangée à du sable, pour empêcher les fractures de se refermer, sous très haute pression, à 600 bars. Ensuite une partie du liquide est récupéré, puis traité, ou bien simplement réinjecté dans des réservoirs géologiques naturels, à plus de trois kilomètres de profondeur. Pour l’exploitation, il faut également  créer un puits tous les 200 mètres et aménager des routes ou circuleront des milliers de camions, avec le bruit et la pollution qui vont avec. Cette extraction engendre l’émission de trois fois plus de gaz à effet de serre que celle de pétrole conventionnel !

Ces techniques sont dangereuses et les conséquences désastreuses  pour l’environnement et  la biodiversité ; elles aggravent la pollution du sol, des sous-sols, et de l’air. Elles engendrent également  un risque à plus ou moins long terme sur la santé de la population : plus de 500 produits toxiques ou cancérigènes restent en profondeur, dispersés dans le sous sol, contaminant les nappes et les cours d’eau, puis l’eau du robinet … Si ces forages ont lieu, vous pourrez dire adieu aux touristes et à toute votre économie locale, l’air ne sera plus respirable, l’eau ne sera plus potable, se baigner ne sera plus possible, vos maisons et appartements ne vaudront plus un centime et ceux qui ont des crédits ne pourront pas se reloger ailleurs, les produits des cultures deviendront des poisons, la terre sera souillée pour des centaines d’années.

En France, trois permis d’exploration du gaz de schiste et trois permis d’exploration de l’huile de schiste avait été accordés. Mais face au tollé, le gouvernement a déclaré qu’il allait mettre en place une procédure d’urgence pour abroger les permis déjà accordés, s’agit-il d’une simple temporisation électoraliste ou une volonté sincère de protéger l’environnement ? Quand à J.L Borloo après avoir signé des contrats autorisant trois grandes compagnies pétrolières à explorer les ressources en gaz de schiste, il reconnait maintenant avoir « manqué de vigilance » et s’engage désormais contre ce projet. Véritable mea culpa ou opportunisme ? A vous de juger. Rappelez vous quand même que Sarkozy avait juré que GDF ne serait jamais privatisé, qu’il n’avait pas de mandat pour réformer les retraites, qu’il…etc.etc.

Le plus inquiétant, c’est le silence des industriels et des pétroliers, les alliances qu’ils ont dû contractées ou les droits d’exploitation des brevets, tout cela a déjà eu un coût ! Mais surtout les bénéfices qu’ils comptaient engranger correspondent à des sommes énormes, croyez vous qu’ils vont tirer un trait sur toute cette histoire ? Si le gouvernement met effectivement un terme aux contrats d’exploitation,  gageons que les contribuables devront mettre la main à la poche pour dédommager les pétroliers et les industriels de leurs investissements.

 « Nous allons attendre que les choses se calment. Je ne suis pas pressé » Christophe de Margerie, PDG de TOTAL

4 Réponses à “GAZ DE SCHISTE : C’EST FINI ?”

  1. herrel dit :

    Bonsoir et bravo pour ce blog!
    « Mais surtout les bénéfices qu’ils comptaient engranger correspondent à
    des sommes énormes, croyez vous qu’ils vont tirer un trait sur toute cette histoire ? »
    Croyez vous que lorsque le PDG de Total juge le litre d’essence à deux euros inéluctable, cette annonce semble innocente? Il suffit de lire les commentaires anti-bobos écolos à ce sujet dans les médias pour se rendre compte que TOTAL et les Autres seront les sauveurs chez la plupart des bagnoleux dans peu de temps.

  2. Catherine dit :

    Bonjour,
    Certes on parle de 3 contrats, mais j’ai l’impression qu’il y en a plus… Ainsi, vers chez moi, des permis d’exploration ont déjà été délivrés vers Pontarlier (département du Doubs), contrat accordé à une entreprise galloise http://elsaziza.canalblog.com/archives/2011/03/19/20662497.htmle
    et vers Les Moussières, dans le Haut-Jura, EN PLEIN PARC NATUREL PROTEGE !!! : http://textes.droit.org/JORF/2008/03/14/0063/0009/ . Vieille loi aidant, les autorités locales n’étaient pas au courant…
    Alors regardez ce qui ce passe dans vos régions car cela ne doit se faire NULLE PART !!!

  3. Jeannot dit :

    Quel est l’avantage économique si l’exploitation est faite par des entreprises étrangères, on a l’avantage d’avoir l’assurance d’un approvisionnement, mais pour son prix, la matière première est moins chère si elle appartient à l’état, mais le cout de son extraction elle-même ?
    Quelle est la part du cout d’extraction dans le cout de revient du kwh de gaz de schiste ? Pour savoir quelle économie nous faisons à le faire produire sur notre sol au lieu de l’importer ?

  4. Marie-Anne dit :

    Il faut dénoncer et combattre l’ordonnance du 20 janvier 2011 qui réforme en profondeur le code minier. Plus besoin d’autorisation préfectorale pour les forages, plus d’enquêtes publiques ou de concertation, documents de prospection non communicables au public pendant 20 ans sur les hydrocarbures… (Source CGT du 8 avril 2011 -NVO)

    et selon Corinne Lepage : « Alors que le Gouvernement français vient de suspendre très provisoirement les autorisations de recherche sur les gaz et huiles de schiste en raison de la mobilisation des écologistes et de la population face aux risques posés par les technologiesd’exploration et d’extraction (forages horizontaux avec fracturation hydraulique), le Conseil des Ministres du 19 janvier a approuvé une ordonnance portant codification de la partie législative du code minier en vue de « moderniser et simplifier les dispositions applicables aux exploitations minières en veillant à leur intégration dans l’environnement ». Cette ordonnance, prise sur la base de l’article 38 de la Constitution, a été signée sans délai et publiée au Journal Officiel.

    Malgré les discours rassurants, l’analyse de ce texte montre en réalité que la France a décidé de brader le sous-sol et ses ressources en simplifiant les procédures et sans prendre les garanties qui s’imposent.

    Cette ordonnance, signée du Président de la République, du Premier Ministre, du Ministre de l’Economie, du Ministre chargé de l’Industrie, du Ministre de l’Intérieur et du Ministre de l’Ecologie simplifie la vie des prospecteurs et exploitants des hydrocarbures non conventionnels, mais aussi celle de ceux qui voudront stocker le carbone ou exploiter les ressources sous-marines sans se soucier de l’alerte lancée par les écologistes, notamment par CAP21 (http://www.deleaudanslegaz.com) dès début décembre.

    Ce texte, qui devrait être soumis pour ratification au législateur, est en parfaite contradiction avec les engagements communautaires et internationaux de la France, et ne respecte pas la charte de l’environnement adossée à la Constitution : pas d’enquête publique ou de concertation pour les permis de recherche, passage quasi-automatique du permis de recherche à l’autorisation d’exploitation, documents de prospection non communicables au public pendant 20 ans pour les hydrocarbures, prolongations des autorisations de recherche pendant 10 ans sans mise en concurrence (2 renouvellements de 5 ans), pas de garanties financières pour les autorisations existantes avant 2014, absence de sanction en cas de dommages à l’environnement ou de non respect des autorisations administratives lors de l’exploration, facilités à entrer et occuper le terrain d’autrui. »

    http://www.reporterre.net/spip.php?article1654

    et pour ce qui est de la complicité entre pouvoirs publics et exploiteurs sans foi ni loi, voir : Citron, cas d’école du capitalisme sauvage (http://cgtlehavre.ul.over-blog.com/article-citron-un-cas-d-ecole-du-capitalisme-sauvage-dans-la-zone-portuaire-du-havre-74291543.html)

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