LE CAS DIEUDONNE

Posté par 2ccr le 26 janvier 2012

LE CAS DIEUDONNE dans Complot et manipulationComment le militant antiraciste marqué à gauche qu’était Dieudonné dans la seconde moitié des années 1990 en est-il arrivé là ? Au cours des années 2000, lors de son combat pour la reconnaissance et la mémoire de l’esclavage des Noirs, il se lance  dans une logique de concurrence entre les victimes de l’esclavage et celles de la shoah. Progressivement, Dieudonné va se réapproprier tous les clichés et les thèmes traditionnels d’un antisémitisme qu’il masquera par un engagement «antisioniste», «les Juifs» deviennent les seuls boucs émissaires de la souffrance des Noirs, du «Dieu argent», et de la «pleurniche internationale». Assez logiquement, Dieudonné en vient à fréquenter l’extrême droite qu’il avait autrefois combattue : le cap du symbolique est franchi lorsqu’il se rend la même année à la fête du Front National, où sa rencontre avec Le Pen est orchestrée sous l’œil des caméras…

Cette «reconversion» de Dieudonné aboutit au printemps 2009 à la constitution de la Liste Antisioniste, conglomérat de négationnistes, d’intégristes chiites, de complotistes, de catholiques traditionalistes, de «rouges-bruns», sous la houlette de Yahia Gouasmi et d’Alain Soral, alors fraîchement éconduit de la liste du FN dont il convoitait la première place. Se drapant sous la bannière de l’antisionisme, l’objectif est, en recyclant de vieilles thématiques d’extrême-droite aux cotés de «représentants» de communautés minoritaires et discriminées (Dieudonné pour les Noirs, Gouasmi pour les musulmans), de les diffuser auprès de franges de la population à priori hostiles à l’extrême-droite «traditionnelle», notamment dans certaines banlieues, et de semer une confusion dans des repères politiques qui n’en avaient déjà pas besoin.

A différentes occasions on a pu noter dans son entourage la présence de l’anglo-australienne Michelle Renouf, qui, est très active dans le soutien judiciaire aux négationnistes, ou de Peter Rushton, figure de l’extrême droite britannique la plus radicale, Charles Alban Scheppens (ancien cadre du Renouveau Français), ou Thomas Werlet, dirigeant du Parti Solidaire Français, l’ancienne «Droite socialiste» dont plusieurs membres furent impliqués dans une fusillade contre des habitants d’une cité de l’Essonne en Juin 2008. Parmi les désormais vieilles connaissances de Dieudonné on retrouve: Frédéric Chatillon, ancien chef du GUD (duquel sont issues Unité Radicale, groupuscule auquel appartenait Maxime Brunerie, puis les Identitaires), un des principaux diffuseurs d’écrits révisionnistes au Moyen-Orient…

Le 11 novembre 2004, Dieudonné rencontre quatre rabbins de « Neturei Karta » qui prônent une conception très stricte de la loi religieuse juive orthodoxe. Dieudonné rencontre Hugo Chavez en 2006, déclarant : « À mes yeux, Hugo Chavez est le chef de la résistance mondiale à l’impérialisme américain ». En novembre 2009, en déplacement à Téhéran pour assister à un festival du court-métrage, Dieudonné a été reçu par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.  En mars 2011, Dieudonné se rend en Libye, « pour rencontrer le colonel Kadhafi, afin de protester contre l’agression occidentale ».

Dieudonné entretient-il seulement la confusion comme certains de ces « fans » le disent, allant  jusqu’à l’absurde de l’image que les médias on fait de lui ? S’agit-il d’une provocation permanente ? S’est-il engagé dans une fuite en avant avec l’impossibilité de faire demi-tour ? A-t-il eut l’impression d’être trahi, incompris et s’est-il enfermé dans un personnage ? A-t-il été récupéré par la mouvance négationniste et complotiste de l’extrême droite ? Toujours est-il que l’humoriste a même été agressé physiquement, preuve que Dieudonné concentre sur lui tous les extrêmes.

Dieudonné cultive l’ambiguïté, avec un jeu morbide, basé sur la concurrence entre les victimes noires opposées aux victimes de la shoah. Il reste cependant un acteur exceptionnel, dommage qu’il n’utilise pas son talent à bon escient, car il reste une bête de scène lorsqu’il aborde d’autres sujets que le « lobby juif ». Alors, Dieudonné, manipulé, manipulateur ou vulgaire « rouge-brun »?

« En attendant, c’est vrai que l’on s’interroge et l’on se demande s’il a même conscience de son obsession. En plus il a fait des adeptes comme un gourou dans une secte. Franchement on regrette tous le temps où il nous faisait rire de sujets graves sans malaise ! « SAID

21 Réponses à “LE CAS DIEUDONNE”

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  1. AC dit :

    Se lancer dans des des recherches d’explications sur les raisons des soi disant dérapages-de DIEUDONNE en fait son engagement militant chezles fachos-.. c’est un peu comme quand on revient sur l’enfance d’Hitler ..dont l’enfance de souffrances expliquerait le parcours de ce monstre du 20° siècle.

    Dire cela ne m’empêche pas d’ »avouer » -et c’est pas pour m’en glorifier- que je ris encore aujourd’hui..si je tombe sur le sketch ou Dieudonné »s’excuse ».

    Mais mon rire est « malsain »
    .
    C’est moi qui suis dans l’ambiguité, au moment ou je me fends la tronche..

    Pas DIEUDONNE

  2. 1984 dit :

    Dieudonné…qui est-il ? Comment en est-il arrivé a soutenir des causes injustifiables…

    Deux émissions de radio sur la trajectoire de ce comique très très politisé…

    « Présentation de l’ouvrage : Depuis ses premiers « dérapages » il y a près de dix ans, Dieudonné a rassemblé autour de lui des soutiens hétéroclites. « Sept familles » gravitent autour de celui qui se présente comme le « trublion de la politique ». D’abord constituée le temps d’un scandale ou d’une élection, la nébuleuse participe ensuite d’un projet plus large et ambitieux. Un nouveau cycle historique de l’extrême droite semble se cristalliser. Réseaux, contacts, convergences et parcours des diverses composantes de la « galaxie Dieudonné » sont ici minutieusement examinés et analysés : négationnistes, conspirationnistes, « rouges-bruns », vieux routiers de l’extrême droite, fondamentalistes musulmans, illuminés, se retrouvent et se croisent. C’est le carrefour des liaisons dangereuses où l’antisémitisme se pare des oripeaux de l’antisionisme et le nationalisme se dissimule derrière le droit à la différence. »

    http://www.dailymotion.com/video/xo...
    et http://www.dailymotion.com/video/xo...

  3. jacob dit :

    Aujourd’hui la « gôche » ne représente plus la liberté ,même Mélénchon pour qui je voterai au 1er tour et j’espère au second me met mal à l’aise.
    La position de Dieudonné ,elle est simple,limpide :Je ris de tout et si tu en veux encore j’en ai à ta disposition,c’est le plus grand provocateur son talent est immense.

    Aujourd’hui le malaise c’est vous qui l’avez, pas lui ni moi d’ailleurs .Ce malaise vient de votre manque de courage de dire qu’aujourd’hui il existe un fascisme non pas rouge brun mais un fascisme avec une étoile de David comme emblème,qui considère que les juifs sont des être supérieurs(voir les blogs délirants de certain),qu’au nom de la torah la terre leur appartient,que les « palestiniens » n’existent pas ,que les arabes doivent quitter la terre du grand Israël,qui ont transformé Gaza en un immense camp mi-réserve mi ball-trap.
    Tous les juifs ne sont pas comme cela http://www.ujfp.org/ mais tant que les premiers seront reçu à bras ouverts ,la situation n’évoluera pas.
    Et vous serez dans le malaise mais c’est votre malaise celui de vos contradictions.

    Je ne dirais jamais comme st Just « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »

  4. Arthur Gohin dit :

    Quand Dieudonné faisait rire sur les musulmans, l’armée, et des tas des sujets divers, il n’a pas eu de problème. Quand il a fait rire sur les juifs sionnistes, il a eu des ennuis. De la part de ces derniers c’est évidemment tyrannique et minable.

  5. D2 dit :

    @ Jacob, tu ne peux pas voter pour « Mélanchon franc-maçon », cela n’aurait aucun sens pour tes convictions. Vote blanc ou Gandhi me semble + approprié.

    Perso, je vote Dieudonné en précisant à ces « détracteurs » de parler aussi juste que lui, sans entretenir leur part d’obscurité plus que de Raison. Il y aura un grand silence! Lol

    L’Homme esclave des hommes : « Il y a une chose plus terrible que la calomnie, c’est la vérité ». Talleyrand

    Une erreur n’est pas une vérité parce qu’elle est partagée par beaucoup de gens, tout comme une vérité n’est pas fausse parce qu’elle est émise par un seul individu. Ghandi

    A bon entendeur…

  6. Nordine dit :

    Ce singe ne mérite que l’indifférence : il est foutu de puis longtemps….la preuve, il est adoré par les momos à la con

  7. kuota dit :

    J’étudie beaucoup l’histoire de Dieudonné et plus je passe de temps à le lire, écouter ses propos, à essayer de comprendre ce qu’il ressent sur l’histoire du monde et des civilisations et plus je lui donne raison.
    Dieudonné n’est pas un raciste, encore moins antisémite, il n’y aucun doute la dessus. Il ne faut surtout pas se faire un avis sur ce qu’on entend à la télé. Il manie l’ironnie et le second degrés, mais le fond de sa pensée est claire.

    Son combat contre le sionisme m’était quelque chose d’inconnu. Je ne savais pas ce qu’étais le sionisme. Mais j’ai osé potasser quelques livres, quelques documentaires, écouter quelques conférence pour comprendre que le sionisme et bel et bien une clef du processus de mondialisation sauvage et barbare qui pousse depuis plus d’un siècle. Il n’est pas le seul élément, mais il en est un majeur qu’on aborde jamais.

    Ce qui m’a étonner c’est de découvrir que le partie Nazi est en fait une fusion du nationale socialisme et du sionisme…
    http://info-resistance.org/guerres/les-dessous-du-nazi/

    Dieudonné est un brise glace, il remplace aujourd’hui Coluche dans un combat ou il prend tous les coups

  8. transforme dit :

    Dieudonné (le père donné ou le père imposé) se bat contre son père intérieur et cherche à forniquer avec sa mère intérieure. Ce père « imposé » (le Dieu donné) le frustre dans son désir incestueux (inconscient. Tout est inconscient chez un artiste non scientifique, c.a.d. un artiste qui ne cherche par à analyser mais plutôt à gagner son pain avec la manipulation de l’inconscient des autres) de forniquer avec sa mère. Nous avons donc seulement deux personnages dans le théatre cérébral de « père imposé (donné) du « Dieu imposé (contre la mère) » : 1) le père qu’il faut tuer (le père intérieur ou l’imago paternelle) qui prend bien évidemment la forme d’une projection, en l’occurence une projection vers le juif (le même choix de l’inconscient d’Adolf Hitler), figure de style imposée par l’identification avec l’inconscient de Adolf Hitler qui a tenté, lui aussi, de se débarrasser du père (par l’extermination de 6 millions d’enfants définis à leur naissance pas leur parents eux même définis à leurs naissance par des parents qui eux même…etc. et 2) le mère qui apparait sous deux formes dans ses spectacles : a) la mère qu’il désire forniquer (son désir incestueux inconscient) et b) la mère à qui l’on crache à la figure et que l’on traîne dans la boue pour cacher et dissimuler (maladroitement) ce désir incestueux et du même coup exprimer une forte culpabilité à l’égard de ce sentiment. Le père dont il faut se débarrasser (pourquoi ? Parce que l’agressivité envers ce père est bien trop forte pour être supportable et donc pour surmonter cette agressivité, il faut projeter une image externe hyper agressive qu’il s’agit de combatre et, pour justifier ce combat, il faut que cette « chose » pue, soit detestable, horrible, insupportable etc… Il faut CONSTRUIRE un autre, mais, par paresse, M. « père imposé » « choisit » une figure de « style » imposé : celle du dit « juif ». Le juif, c’est tout simplement un alias de l’imago paternelle chez Hitler comme chez Dieudonné. Ces psychotiques cherchent jusqu’à leur mort à se débarrasser de leur père intérieur. Ils terminent sous des tas de ruines ou dans des hopitaux psychiatriques. « ferme ta gueule…ferme là » : ce leit-motiv, c’est le père (son père intérieur) qui lui parle. Le doigt dirigé vers le haut, c’est le père qu’il désigne, à qui il parle en permanence.
    Bref : ce malade dialogue avec son papa et sa maman. Son père (sous la forme du juif), il veut le tuer, et sa mère (sous la forme de tous les subtituts et alias) il veut la forniquer. Rien d’original. C’était exactement le même théatre intérieur chez Hitler.

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