L’ATHEISME FACE AUX RELIGIONS
Posté par 2ccr le 28 juin 2012
L’humanité connut les temps mythiques qui furent les temps des dieux et des héros. En ces temps-là, l’aube de l’humanité, la société s’organisait à peine. Les mythologues, les archéologues, les philologues, les ethnologues n’en finissent pas d’exhumer les vestiges de ce qui fut les premières civilisations, les premières interprétations du monde et de l’univers.
Nous avons hérité de textes mythologiques magnifiques, qui témoignent des interrogations de nos ancêtres et de leurs aptitudes poétiques et philosophiques qui y répondent.
Ces systèmes de pensée, c’étaient les religions. On sait tous que les religions monothéistes vinrent remplacer les religions polythéistes, conservant néanmoins un sens du merveilleux.
Ce ne sont pas elles qui sont responsables des crimes que l’on commit en leur nom. Les différentes religions se succédant, ce sont les sociétés humaines qui évoluaient et progressaient. Et progressaient si bien qu’elles finirent par postuler philosophiquement l’inexistence de tout dieu.
Sont-ce les religions qui sont responsables des persécutions juives ? De l’Inquisition ? Des guerres de religions et/ou des schismes ? Les crimes, les massacres, les génocides furent-ils imputables à une seule d’entre elles ? Le colonialisme ? Le racisme Le nazisme ? Le terrorisme ?
Ou bien faut-il comprendre qu’elles sont les otages des sociétés de classe dans lesquelles s’affrontent des forces conservatrices et des forces émancipatrices ? Les USA sont-ils devenus impérialistes à cause de l’Eglise réformée, le sionisme à cause du judaïsme, le racisme à cause du christianisme, le terrorisme à cause de l’Islam ?
Toutes ces religions délivrent au contraire un message de paix et parviennent à un humanisme raisonné.
La question mérite d’être posée et creusée. Car si, en effet, toute religion se donne pour mission de maintenir par conservatisme évident un état social et un état des connaissances, elle se voit contestée de l’intérieur par des croyants lucides et progressistes.
La religion n’est pas en soi un instrument de domination mais le lieu de conflits idéologiques et sociaux.
Il ne faut donc pas se tromper : l’athéisme militant ne doit en aucune façon devenir intolérant, arbitraire et dictatorial. Il doit, au contraire, considérer les religions comme un lieu de la pensée humaine élaborée et soumise à des contradictions dialectiques qui postulent en même temps l’idée de Dieu et, du coup, celle de son inexistence.
Ecrit par YAPADAXAN
« Définissez-moi d’abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j’y crois »…A.EINSTEIN
Dieu n’est, pour l’homme sensé, encore qu’une hypothèse !
Il est rapporté d’Abil Hassan [Imam Ali] (que la Paix soit sur lui) les propos suivants : « Jésus, fils de Marie (que la Paix soit sur eux deux) a dit : « Certainement, celui qui fait le mal est contagieux et l’associé du malfaisant tombe dans la décadence. Alors faites attention aux personnes avec qui vous vous associez
Attention à ne pas tout mélanger. L’ aube de l’ humanité, c’ est 6 millions d’ années avant « les temps des textes mythologiques » et nous ne savons pas si, pendant ces millions d’ années , les différentes sortes d’hommes avaient des héros et / ou des dieux, ni si leurs « systèmes de pensée » étaient basés sur des religions. Et si « les religions monothéistes vinrent remplacer les religions polythéistes », ce ne fut pas partout, ces dernières subsistant jusqu’à nos jours, y compris à l’ intérieur des religions officiellement monothéistes. Rien n’ est simple !
Très curieuse la phrase: « Ce ne sont pas elles qui sont responsables des crimes que l’on commit en leur nom ». Elle semble vouloir dire que les religions seraient des entités indépendantes des hommes, et ceux-ci n’ en seraient que les bons ou mauvais serviteurs ! En clair, les religions seraient par essence bonnes puisque dictées par les dieux aux hommes qui n’ auraient en charge que de les mettre en application . Le problème, c’ est que la réalité est inverse : ce sont des hommes qui ont inventé les dieux et les religions qui vont avec. Et les hommes ont le plus souvent utilisé cette invention pour justifier les persécutions et guerres menées à d’ autres hommes, notamment les religions à dieu unique qui semblent bien avoir été créées par certains pour dominer les autres, puisqu’ elles portent la violence par le simple fait que si on admet que certains ne croient pas à ce dieu unique ou en aient un autre, on remet en question l’ existence même du dit dieu, et donc le pouvoir qu’ il permet à certains d’ exercer sur les autres. Et ceci bien avant que la société ne soit organisée en « classes qui s’affrontent en forces conservatrices et forces émancipatrices ».
Quand à affirmer que « Toutes ces religions délivrent un message de paix et parviennent à un humanisme raisonné », c’ est aller trop loin. Les religions à dieu unique actuelles reposent sur des textes rédigés à des époques différentes par des auteurs différents qui se contredisent les uns les autres, tant et si bien qu’ on peut, en s’appuyant sur eux, prêcher tout et son contraire.
Dernier point : pour que l’ athéisme et les religions ne soient pas « intolérants, arbitraires et dictatoriaux » il existe une parade, inventée elle aussi par les hommes mais pour des raisons inverses : le principe de laïcité, c’ est-à-dire neutralité, de l’ état. Dans un état laïque, les questions de croyance ou non-croyance sont du domaine privé, individuel, et n’ interfèrent en aucune manière dans le domaine public. La laïcité est donc par définition tolérante, contraire à l’ arbitraire et à la dictature en écartant le pouvoir du contrôle des consciences. Ce principe seul garantit à tous la liberté de conscience sans laquelle il n’ y a ni démocratie ni liberté tout court .
Ce texte expose un certain nombre d’interrogations inhérentes à la religion dans le sens strict de religions (Eglises)par méconnaissance me semble-t-il de l’origine du religieux des premières sociétés archaïques et de ses évolutions (Ancien et Nouveau Testament, les Evangiles, …). J’invite l’auteur de ces lignes à savoir prendre le temps de lire les fantastiques ouvrages de René Girard ( « La violence et le sacré », »la route antique des hommes pervers », « je vois Satan tomber comme l’éclair », « Celui par qui le scandale arrive », « Le sacrifce », « les origines de la culture », « achever Clausewitz », …) on acquiert alors une toute autre « vision » et perception du phénomène religieux dans son ensemble.