DEREMBOURSEMENT : NOUVELLE OFFENSIVE CONTRE LA PROTECTION SOCIALE

Posté par 2ccr le 20 avril 2014

yeuxbleuLe chef de l’État a annoncé un vaste plan d’économie sur l’exercice budgétaire 2014. Le budget du Ministère de la Santé va être fortement impacté par celui-ci, et il est dores et déjà programmé que Doliprane, Dafalgan et Efferalgan soient retirés des « non substituables », autrement dit qu’ils soient déremboursés si le patient refuse leurs équivalents génériques.

Nous sommes confrontés, comme c’est le cas depuis plusieurs années, à une vision purement comptable de la santé et de l’accès aux soins. Les aspects coût/bénéfices sont balayés d’un revers de mains. C’est une nouvelle fois les patients qui vont passer à la caisse sans que cela ne change grand chose au déficit de la Sécurité sociale qui souffre, non pas d’un excès de dépenses, mais d’un manque de recettes dû aux exonérations de cotisations faites aux entreprises.

De son coté, les groupes Sanofi et BMS qui sont propriétaires de ces trois marques de paracétamol, se trouvent dans position idéale. Ils vont exercer comme d’habitude, un chantage à l’emploi auprès des élus.

Par ce biais, ils peuvent potentiellement obtenir des aides financières voire des dégrèvements sur le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PFLSS). Ils ont maintenant une « alibi royal » pour entamer un plan de restructuration de leurs sites de productions.

De plus Sanofi a en réserve un équivalent de Doliprane qui peut facilement le remplacer et ainsi contourner le système du déremboursement et BMS pourra faire de même. Pour nous il est essentiel de maintenir ces trois médicaments dans la liste des « non substituables ». Leur valeur ajoutée thérapeutique est prouvée, contrairement à d’autres médicaments à effet placebo qui, quant à eux, sont remboursés pareillement. Il faut d’ailleurs mettre fin à cette hypocrisie des médicaments à moitié remboursés et dont les effets thérapeutiques sont quasi nuls.

A contrario, lorsque la valeur ajoutée thérapeutique d’un médicament est indéniable et lorsqu’il est prouvé qu’il est nécessaire au patient, ce médicament doit être remboursé à 100%. Sanofi et BMS doivent s’engager à réduire leur marge qui est de 40% sur ces médicaments.

Enfin, il faut un engagement fort des pouvoirs publics pour relancer la production de Paracétamol en France. C’est essentiel pour l’emploi, mais c’est également une garantie de sécurité pour les patients et pour notre indépendance thérapeutique. 

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