SNCF : NON A LA GRÉVE DE L’INFORMATION OBJECTIVE

Posté par 2ccr le 21 juin 2014

asncfLa couverture médiatique de la grève à la SNCF est effarante. Elle se contente trop souvent de montrer un cortège d’usagers exaspérés, en évoquant, au mieux, de manière très superficielle, les raisons de cette mobilisation. Pourtant, cela mérite un traitement plus équilibré, comme l’a bien noté Jérôme Leroy dans Causeur, où il s’en prend à France Inter, ironie de l’histoire…
 
Bien sûr, les grèves peuvent créer de grosses perturbations pour les usagers, particulièrement quand ils n’ont pas de substitut, ou qu’ils se retrouvent contraints d’utiliser leur voiture en subissant bouchons et coût élevé de l’essence. Cela est d’autant plus problématique quand il y a le baccalauréat ou que des demandeurs d’emplois ratent des entretiens suite aux perturbations, comme certains médias s’en sont émus. Néanmoins, il faut noter que la SNCF a mis en place un dispositif particulier pour faciliter la tâche des bacheliers et Benoît Hamon confirmait cette semaine sur RTL qu’il n’y avait pas plus de retard que les années précédentes (même s’il faut reconnaître que les critères ont été assouplis cette année). Et puis, on passe souvent son baccalauréat à proximité.
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Mais il faut noter deux choses. D’abord, comme me l’ont indiqué des lecteurs, il n’est pas possible pour les grévistes de faire la grève du zèle (où les usagers n’ont pas à payer), ce qui serait un moyen de faire des grèves populaires. Ensuite, et cela est insuffisamment rappelé, il ne faut pas oublier que les jours de grève ne sont pas payés. La protestation des salariés de la SNCF a un coût qui n’est pas négligeable pour tous les grévistes. Par exemple, la défense de leurs idées va peut-être engloutir le budget vacances de ceux qui y participent. Pour les moins payés, elle imposera des privations dans les prochains mois. Et puis, ceux qui dénoncent la grève oublient également que le droit de grève est un acquis important, un marqueur démocratique majeur.
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Bien sûr, il faudrait que les bacheliers soient le plus possible épargnés par ces grèves, mais il semble que le dispositif mis en place par la SNCF marche plutôt bien. Mais peu de commentateurs le notent, , préférant ressasser les idées reçues d’un entreprise peu efficace et de salariés indolents alors que la SNCF est un atout pour notre pays, même si tout n’est pas parfait, évidemment. Il faut noter que Le Monde a publié deux bons papiers équilibrés dans la rubrique « Les Décodeurs », dont un démontant tous les fantasmes qui circulent sur les réseaux sociaux. Et puis il y a des raisons de s’opposer au projet de loi du gouvernement, que ce soit le découpage du service public ferroviaire en trois entités au lieu de deux, la préparation de la libéralisation du marché du transport ferroviaire ou encore la réforme du statut des employés de ce qui s’éloigne d’un service public.
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Il ne s’agit pas ici de refuser toute évolution. Mais dans un secteur public, il faut sans doute davantage de concertation et de négociation. Et sur le fond, alors que l’on pointe les mauvaises conséquences de la découpe en deux de la SNCF, avec la création de RFF, qui gère le réseau, passer à trois entités semble ubuesque. Et puis, il est parfaitement légitime de s’opposer à la libéralisation d’un secteur où les expériences étrangères n’ont rien démontré de bon, alors que le service public français est plutôt vu comme un modèle. Les entreprises privées n’exploiteront que les lignes les plus profitables, ce qui va affaiblir plus encore les petites lignes et détruire le service public alors même que le transport ferroviaire est un mode de transport plus respectueux de l’environnement.
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Ne nous laissons pas abuser par la couverture superficielle et abusive de ces grèves de la SNCF. Même s’il convient de protéger les bacheliers (ce qui semble fait), le droit de grève doit aussi être respecté et les motifs de mobilisation dépassent largement la simple protestation pour protéger des avantages. Merci aux grévistes de défendre notre service public, que PS et UMP détruisent.
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De plus dans le projet de loi, il est bon de préciser que la partie qui s’occupera de l’entretien des voies, c’est à dire tout ce qui n’est pas « rentable » et côute cher, restera dans le domaine public : privatisation des bénéfices et socialisation des pertes prennent ici tous leurs sens !
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