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QUAND « THE ECONOMIST » FLINGUE LA RETRAITE PAR CAPITALISATION !

Posté par 2ccr le 26 juin 2014

bat-dienC’est une des raisons pour lesquelles j’apprécie de lire The Economist  : malgré un dogmatisme parfois effrayant, se glisse finalement assez souvent des articles qui donnent de l’eau au moulin des critiques du néolibéralisme. Nouvel exemple avec cet article sur les retraites par capitalisation.

La folie de la capitalisation

Dans cet article au titre en français « Pensions à la mode  », The Economist s’appuie sur une récente étude de l’OCDE et une autre d’un fond de pension anglo-saxon. A dire vrai, le seul graphique de l’OCDE montre parfaitement à quel point la capitalisation est bien trop aléatoire pour être considérée comme un bon moyen de financer les retraites. Ce graphique montre le niveau de la pension en proportion du dernier salaire pour tous les retraités de l’année pour des salariés qui auraient mis de côté 5% de leur salaire pendant 40 ans, dans un fond réparti à 60% en actions et 40% en bons du trésor. Du fait des variations erratiques des marchés, le niveau varie brutalement d’une année à l’autre.

Ainsi, au Japon, alors que le retraité de 1989 pouvait prendre sa retraite avec une pension égale à 70% de son dernier salaire, ce n’était plus que 10% en 2011 ! Aux Etats-Unis, après avoir dépassé 50% en 2000, le niveau est tombé à 20% au moment de la crise financière. En Grande-Bretagne, après avoir tourné autour de 60% dans les années 1990 (contre 15% dans les années 1950), le niveau tourne autour de 40% dans les années 2000. Tout ceci nous rappelle les images des Etats-Unis, où des vieux retraités avaient été poussés à reprendre un emploi en 2009-2010 du fait de l’effondrement de leurs pensions provoqué par l’effondrement des marchés financiers, qui ne leur permettait plus de vivre.

Le bon choix de la répartition

Alors bien sûr, The Economist tente de se raccrocher aux branches pour défendre la capitalisation, poussant le vice jusqu’à ne même pas évoquer la solution de la répartition ! Pour cela, il évoque l’étude de GMO, un fond de pension. Déjà, difficile de ne pas voir que GMO est un peu juge et partie. Le papier du fond affirme qu’il est possible de faire mieux que le marché, en achetant quand le marché est bon marché et en vendant quand il est cher, tout en adaptant son portefeuille à son âge. Ainsi, si on se fie au passé, une personne de 25 ans a intérêt à mettre 95% de son argent dans des actions en moyenne, mais seulement 45% aujourd’hui tandis qu’une personne de 65 ans devrait y mettre 40 et 25% !

Cette méthode pose deux problèmes. D’abord, l’histoire ne se répète pas toujours de la même manière. Ensuite, il est tout de même effarant d’écrire « maintenant que les travailleurs ont la responsabilité de leurs pensions, ils doivent davantage réfléchir à comment et quand ils doivent investir leur argent  ». Comment The Economist peut de ne même pas envisager, ne serait-ce qu’une seconde, la pertinence des retraites par répartition, qui offrent une stabilité enviable par rapport aux montagnes russes de la capitalisation ? Bien sûr, il y a sans doute une réflexion à mener sur le mode de financement actuel, qui pèse lourd sur le travail et qui a sans doute une part de responsabilité dans le niveau du chômage.

Merci donc à The Economist de montrer la folie que représente le choix d’un système de retraites par capitalisation et de donner de l’eau au moulin des partisans d’un système par répartition, beaucoup plus stable et sans doute plus juste, même si cela est sans doute involontaire.

Source

A lire : RETRAITES PAR CAPITALISATION OU PAR RÉPARTITION ?

 

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