Y-A-T-IL UN AVENIR AVEC LE PS?

Posté par 2ccr le 26 août 2014

visageLes partis politiques sont mortels, les cas sont nombreux dans l’histoire. Toutefois le PS a connu, en un peu plus d’un siècle d’existence, de nombreuses crises dont il s’est toujours sorti. Aujourd’hui, le PS doit sans doute se refonder comme il l’a fait en 1969-1971. Les « deux corps » du PS sont en effet touchés. Son « corps immatériel », doctrinal, est entièrement à reconstruire. Le PS ne produit plus d’idées, de projet de société ou même d’orientations politiques fortes, identifiables, depuis un long moment. La nouveauté, c’est que désormais son « corps matériel », ses élus, ses militants, ses réseaux, ses affidés… est gravement touché. La perte de 30.000 élus aux municipales et de 25.000 militants depuis 2012 est un signe du délitement de l’ensemble organisationnel et réticulaire que représentait le PS.

Lorsque Manuel Valls parle aux socialistes,  il choisit, pour une fois, de s’inquiéter de « la gauche ». C’est une manière de ne pas évoquer la mort annoncée du PS. Il est vrai que le PS entraîne aujourd’hui toute la gauche dans son naufrage. La crise de la social-démocratie, c’est plus un renoncement idéologique qu’un échec politique – un peu partout en Europe : Blair et Schröder avant Valls. François Hollande « assume », dit-on, d’être social-démocrate. Mais le pacte de responsabilité n’a rien à voir avec la social-démocratie : au lieu d’arbitrer entre capital et travail, le président négocie avec le patronat en oubliant les syndicats ! Serait-il social-libéral ? En réalité, il n’est ni social ni libéral : il met l’Etat au service des banques et des marchés. Il est donc néolibéral. Mais beaucoup sont dans le déni. Regardez : en Europe, Hollande et Renzi ont soutenu Juncker ; et il est des éditorialistes qui ont salué un « virage à gauche salutaire » !

Outre les classes populaires que le PS a « perdues » depuis longtemps, l’ensemble de son socle électoral s’est dilué depuis deux ans (partielles, municipales, européennes). Les choix économiques et « sociétaux » divisent profondément l’électorat de François Hollande de 2012. Ainsi, le vote PS à telle ou telle élection pour un électeur de gauche est devenu en soi un problème. Pour beaucoup d’électeurs des catégories moyennes et supérieures, les augmentations d’impôt jouent un rôle dissuasif comme on l’a vu dans les enquêtes faites à l’occasion des municipales. Pour les agents publics la baisse des dépenses publiques est vécue comme une menace sur leur activité même – sans parler des mesures sectorielles qui passent mal, comme les rythmes scolaires auprès des enseignants. S’est ajoutée à cela la démobilisation de certains électorats insatisfaits sur des questions plus spécifiques comme le mariage pour tous ou le genre.

L’électorat que perd le Parti socialiste, c’est d’abord l’électorat de gauche. Pourquoi voter pour un parti qui n’est plus de gauche ? On a voulu nous faire croire que le PS perdait le peuple pour garder les « bobos ». Qu’il sacrifiait les classes populaires aux minorités, et qu’il s’occupait du mariage plutôt que du chômage. Mais ce gouvernement ne fait rien pour les banlieues ; ni contre les discriminations. Quant aux droits des minorités sexuelles, c’est fini ! Bref, on ne pourra plus dire que c’est à cause des questions « sociétales » qu’on ne s’occupe pas de la « question sociale »…

D’autre part, le FN a fini par imposer son langage identitaire, non seulement à l’UMP, mais aussi au PS (qu’il s’agisse des immigrés, des musulmans ou des Roms). L’hégémonie économique, c’est le front UMP-PS ; mais l’hégémonie culturelle, c’est le front FN -UMP-PS. Dans ces conditions, pas facile de faire entendre autre chose. Le principal espoir, c’est « l’hypothèse Syriza » : l’effondrement complet du Pasok (le Parti socialiste grec,) a enfin ouvert un espace à gauche, et donc une alternative. Du coup, en Grèce, on s’abstient moins, on vote moins pour l’extrême droite, et on vote plus pour la gauche de gauche. Aujourd’hui, en France « l’hypothèque PS » obstrue le paysage de la gauche.

L’hégémonie idéologique de la droite décomplexée repose sur une gauche complexée. Nos gouvernants se croient réalistes ; en fait, ils croient seulement que la réalité est de droite. Pour compenser, ils prétendent se rapprocher du peuple en s’en prenant aux Roms, par exemple. C’est parier sur l’idée que le peuple serait de droite. Il faut inverser la logique : revendiquer une idéologie de gauche. C’est ainsi qu’on pourra enfin espérer rencontrer un électorat de gauche.

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