LOI MACRON : un projet 100% réactionnaire !

Posté par 2ccr le 23 octobre 2014

mordLe futur projet de loi pour relancer prétendument « l’activité » s’inspire ouvertement du contenu ultralibéral 
du rapport Attali commandé par Nicolas Sarkozy en 2007, dont l’actuel ministre de l’Économie était le rédacteur. Il est aujourd’hui bien en peine de chiffrer les « bénéfices » de son projet sur la croissance et l’emploi. La France ne souffre pas du chômage, de la précarité ou encore des inégalités. Elle se meurt de « trois maladies » que sont « la défiance, la complexité et le corporatisme ». Ainsi parle Emmanuel Macron, ministre de l’Économie d’un gouvernement dit de « gauche », en présentant  les grandes lignes du futur projet de loi pour relancer « l’activité ». L’un des chantiers-phares d’Arnaud Montebourg, celui de la réforme des professions réglementées, au cœur de son programme pour « le redressement économique de la France » et « rendre du pouvoir d’achat aux Français », présenté le 10 juillet quand il était encore au gouvernement, s’est ainsi mué sous l’impulsion de son successeur en un catalogue de mesures pour « libérer les énergies », « lever les blocages au développement de l’activité » à l’instar de ceux liés au « fonctionnement du marché du travail » et « favoriser l’initiative privée ».

À la sortie du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a déroulé un programme digne de la droite la plus éculée : libéralisation du labeur de nuit et du dimanche au mépris de la protection des travailleurs, attaque en règle du service public des transports, retour par la fenêtre de la pratique très décriée des stock-options pour les très hautes rémunérations, vente des parts publiques dans le capital de grandes entreprises…

À défaut d’idées originales, l’ex-banquier a de la suite dans les idées : nombre de ses analyses et des propositions qui en découlent sont en fait des copiés-collés du rapport de la commission Attali pour « la libération (sic) de la croissance », commandé par Nicolas Sarkozy en 2007, et rédigé par un certain… Emmanuel Macron. Fort de 316 propositions, le document fustigeait exactement dans les mêmes mots que le ministre aujourd’hui « le corporatisme et la défiance » de la société française, et invitait à rompre avec le « modèle (d’État) hérité de l’après-guerre » au travers de réformes qui « devront être poursuivies avec ténacité, pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités » politiques en place, c’est-à-dire : quel que soit le résultat des élections…

Ainsi de la proposition 212 du rapport Attali d’« autoriser plus largement le travail le dimanche », reprise hier quasiment mot pour mot par le ministre de l’Économie. Non content d’étendre « l’ouverture dominicale dans les commerces (…) dans les zones disposant d’une forte attractivité économique et touristique » à l’heure où des patrons tentent de contourner la loi, le ministre propose d’aller plus loin, en autorisant « les commerces non alimentaires » à ouvrir jusqu’à douze dimanches par an, soit un par mois (lire page suivante). L’argument développé est dans la droite ligne du « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy en 2007 : « Les jeunes qui veulent travailler plus, il faut qu’ils le puissent », a développé le ministre. « Les jeunes » flexibles et sans emploi contre les salariés en poste soucieux de leurs droits : on voit quelle rhétorique de la division Emmanuel Macron entend utiliser pour dénoncer de prétendus corporatismes néfastes aux plus faibles, le ministre pointant du doigt sous ce terme « syndicats », « associations » et même certains « ministères »… Un discours que ne renierait pas le Medef !

Non content de remettre en cause le Code du travail en reprenant une revendication phare de l’organisation patronale, le projet s’en prend à un autre pilier du modèle social : le service public des transports. Le ministre l’attaque sur deux fronts : la mise en concurrence directe du rail avec la route, via le développement de « l’offre de services de transport par autocar », d’abord. Et comme, pour cela, cette offre devra être rendue « complètement libre sur tout le territoire », c’est-à-dire ouverte à n’importe quel opérateur privé désireux de s’installer sur le marché, celui-ci fera lui-même concurrence aux lignes publiques de bus aujourd’hui existantes pour pallier l’absence de trains. On voit ainsi le choix fait, à rebours de toutes les déclarations publiques de l’exécutif, de délaisser le service public ferroviaire pour favoriser l’installation de compagnies de bus low-cost privées, y compris d’ailleurs la propre filiale de la SNCF, Id-bus, selon une logique complètement schizophrène de la direction de la compagnie. La volonté d’installer un transport collectif à deux vitesses ne fait aucun doute dans la bouche du ministre : il s’agit « d’encourager l’activité », et donc la « mobilité » des jeunes, selon Emmanuel Macron.

En fait, de développer une offre routière privée à coût réduit pour les plus modestes, dont les jeunes, l’accès au train étant réservé aux plus aisés. Le ministre promet à terme la création de 10 000 emplois. Mais avec quel risque sur la réduction des dessertes ferroviaires, et donc au prix de combien de suppressions de postes dans le rail ? Emmanuel Macron n’en dit rien, mais déjà les régions, autorités organisatrices des transports sur leur périmètre, s’en inquiètent : « Cette évolution, qui se traduira par un report modal vers la route, sera lourde de conséquences structurelles », prévient 
l’Association des régions de France (ARF), pour laquelle « cela réinterroge fondamentalement le modèle économique du ferroviaire, déjà fragile ». Entre autres propositions, le ministre a également insisté sur l’importance de « mesures favorisant l’actionnariat salarié ». En apparence, rien de grave, s’agissant d’une pratique désormais courante dans les entreprises. Sauf qu’Emmanuel Macron entend en faire un levier pour « le recrutement de collaborateurs à haut potentiel dans les start-up » et les PME. Ou comment encourager le recours aux stock-options, ces actions distribuées aux hauts cadres et dirigeants pour « compléter » leur salaire, moins de deux ans après l’alourdissement de leur taxation dans la loi de finances pour 2013 qui visait à limiter les abus !

5 à 10 milliards, c’est, en euros, le montant prévu par la future loi Macron des « cessions d’actifs publics » dans les entreprises. Sur ce point, le virage libéral du gouvernement Hollande-Valls s’effectue à 180 degrés. D’autres mesures sont envisagées comme, sous couvert de mettre fin à des monopoles injustes dans les professions dites « réglementées », l’ouverture du capital des pharmacies et des professions du droit comme les huissiers ou la vente de médicaments en ligne. Un ensemble dont le ministre a été bien en peine de défendre la principale justification : celle de l’emploi et de la croissance, Emmanuel Macron ne se risquant à aucun chiffrage. « Même si c’est mille ou deux mille emplois, ça vaut le coup de se battre », s’est-il contenté d’expliquer à la presse à propos du travail le dimanche dans les zones touristiques. Un zèle qu’on aimerait reconnaître au gouvernement dans le sauvetage des entreprises victimes d’appétits financiers prédateurs. Mais cela n’entre pas dans le cadre des « réformes de structure » exigées par la Commission 
européenne…

Source

Lire : LES ENTREPRISES NE CRÉENT PAS L’EMPLOI

« L’économie c’est la science du sordide, non de la pureté « … Alfred SAUVY

 

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