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SOUS L’AFFAIRE LEPAON… l’avenir de la CGT et de la classe ouvrière.

Posté par 2ccr le 14 décembre 2014

Crow flies in front of woman giving appearance of a bird with legs, Aberdeen, Scotland - 30 Sep 2014Deux choses très graves viennent de se produire. D’une part, l’annonce par la direction de la CGT du renoncement à la représentation syndicale dans les entreprises de moins de 50 salariés (propositions sur le dialogue social présentées aux médias par la confédération le 13 novembre). Et, toujours dans le cadre du « dialogue social », le patronat qui propose la suppression des Délégués du Personnel dans les CE et CHSCT (et pas seulement pour les entreprises de moins de 50 salariés, mais partout) afin d’aboutir à une représentation partagée patronat/ syndicat (style cogestion à l’allemande).

Et d’autre part, ce sont les fameuses ordonnances Macron qui viennent d’être présentées au gouvernement où il est question non seulement d’élargir le travail du dimanche (en le sous-payant) mais aussi le travail de nuit (en diminuant le taux horaire et le nombre d’heures prises en compte), d’éliminer purement et simplement les élections des conseillers aux prud’hommes, d’achever la mise au pas complète de l’inspection du travail par le patronat, de porter gravement atteinte à la médecine du travail (on peut dire liquidation pour être clair) avec par exemple la suppression des avis médicaux « d’aptitude avec restriction », de restreindre fortement du « délit d’entrave », de supprimer le pouvoir de réintégrer des salariés licenciés abusivement, d’empêcher la remise en cause des plans de licenciements, etc…

Allez voir ce que dit Filoche à ce sujet, même si ça manque un peu de précision, il explique clairement que les ordonnances Macron signifient la fin du Code du Travail au profit du Code Civil. Les salariés, si ces ordonnances sont acceptées par le gouvernement (et elles le seront) vont se retrouver face au patron, non plus sous la protection du Code du travail mais sous la logique du Code Civil ! Imaginez, un salarié licencié qui se retrouve sans protection mais qui sera au même niveau de droit qu’un conducteur automobile ou qu’un consommateur !? Finies les conventions collectives, finies heures supp ou de nuits majorées, finies les 35h, fini même le smic, finis prud’hommes et inspection du travail, et même plus de syndicats dans les entreprises de moins de 50 salariés : nous serons vraiment corvéables et licenciables à merci…

C’est l’abandon d’une ligne de classe par la direction de la CGT depuis les années 1990, qui est responsable de ces dérives inadmissibles : guerre des chefs, ambitions personnelles, utilisation illégitime des cotisations, mépris de la démocratie syndicale, etc. … C’est donc bien à cela qu’il faut s’attaquer, la CGT appartient à ses syndiqués pas à une caste qui croit avoir par délégation tous les droits y compris ceux de ne pas respecter le mandat qui leur a été confié, les valeurs, les statuts et les règles de fonctionnement de la CGT.

En effet quelle est la feuille de route de la CGT face au patronat, face aux ordonnances de Macron ? Quel discours la CGT tiendra en 2015 face aux salariés ? Un discours de combativité et de lutte de classe ou de résignation et de paix de classe ? Dans ce climat, Raymond Soubie, PDG d’Alixio et de Taddeo, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, analyse la crise qui menace Thierry Lepaon et il explique «  Ce n’est pas bon pour le dialogue social et cela risque de libérer des forces non maîtrisées, conduire certains à se radicaliser sans être encadrés. C’est l’intérêt du pays que la CGT retrouve son unité, sa force et arrête un programme clair pour notre temps ». Un patron et un conseiller de Sarkozy qui se fait du souci pour la CGT ! En fait Mr Soubie, les patrons et les médias tentent de stabiliser la crise de la CGT car ils savent très bien qu’une CGT combattive ce n’est pas bon pour le dialogue social et la crise actuelle risque de libérer de nouvelles forces qui peuvent rallumer le combat de classe.

C’est vrai aussi que dans cette affaire, ou ces affaires, il y a une grande part de manipulations. Ceci étant dit, les attaques contre la direction de la confédération se situent dans une période d’attaques en tout genre. Le patronat aidé en cela par le gouvernement « dit socialiste » veut en finir avec le peu de droits restants dans le code du Travail, il veut en finir avec ce qui reste encore des « conquis », comme disait A.Croizat, du CNR. La crédibilité de Thierry Lepaon est fortement entamée. Plus qu’un changement de responsable, j’appelle de toutes mes forces à un changement d’orientation. L’engagement de la Conf dans la CES est pour moi une erreur manifeste. La lutte de classe est fondamentalement la base de nos combats. Les abandons sur ce terrain portent préjudice aux travailleurs. On peut rêver, mais une hypothétique « Europe sociale » est un leurre dans lequel ces travailleurs et la CGT n’ont rien à gagner.

Le problème est aussi que, comme pour les partis politiques, les fonctions des dirigeants syndicaux sont devenues un métier, alors que les mandats devraient être limités dans le temps et les élus révocables. Comme les derniers dirigeants que l’on a eu sont proches de partis réformistes, il serait temps d’apporter du sang neuf à la direction avec un secrétaire général venant d’horizon différents comme  P. Poutou ou J.P Mercier par exemple, cela permettrait de recadrer le débat, et peut-être que ces gens là ne se comporteraient pas face au Medef et au gouvernement comme de vulgaires partenaires sociaux !

Car si rien n’est fait, c’est tout simplement catastrophique, un recul historique est en cours. Et j’insiste, il faut s’intéresser à ce qui se joue aujourd’hui sous nos yeux et ne pas se limiter à l’affaire Lepaon ou se laisser entrainer dans le chemin étroit de la lutte contre l’extension du travail du dimanche. Ce n’est pas qu’il ne faille ne rien faire, non ! Il faut lutter et soutenir la lutte des salariés (notamment de la distribution) contre le travail du dimanche mais il faut d’abord et surtout dénoncer les propositions sur les seuils sociaux et les ordonnances Macron parce que c’est là que se met en place un recul de plusieurs décennies pour nous, les travailleurs ! Je me dis que si la contestation contre Lepaon se transforme en contestation plus profonde contre le « dialogue social » et contre Macron (ça veut dire aussi contre le grand capital) alors la CGT reprendra en main son destin et aussi le chemin de la lutte des classes.

D’aprés Plissken, Sadeche, Michel Beyer, Richard Palao et 86.222.

Vidéo : LA DEUXIEME DROITE

Lecture : REVOLUTIONNAIRE OU REFORMISTE ?

« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasement. La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! » …  H. KRASUCKI

4 Réponses à “SOUS L’AFFAIRE LEPAON… l’avenir de la CGT et de la classe ouvrière.”

  1. JOS dit :

    et oui,les temps changent :
    « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents – et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. Sur ce plan, il est évident que le pragmatisme syndical s’impose » … Thierry LEPAON

    Voila, je pense qu’il n’y a rien d’autre a dire, sinon a le virer !

  2. F.A.G dit :

    et les gars, faut pas rever ! Jamais le PC ne permettra qu’une personne venant de LO ou du NPA soit secrétaire général de la CGT. Apparemment vous ne savez pas comment marche cette orga !

  3. Greg Pillon dit :

    Le réformiste Eric Aubin, dont la carrière syndicale dans la CGT est marquée par de nombreux stratagèmes destinés à écarter celle et ceux qui l’empêchaient d’accéder aux marches menant à la fonction suprême, vient de signer avec le MEDEF et avec l’assentiment du bureau confédéral, un accord ANI sur la sécurisation professionnelle… qui nous conduira à la « sécurité sociale professionnelle » dans une « Europe Sociale »… alors que l’Europe annonce déjà que le taux d’activité des travailleurs sera dans quelques années, de 75%, c’est-à-dire 25% de sans-emploi…

    La direction de la CGT ne lutte donc plus pour le Droit au Travail, ni contre l’interdiction des licenciements, ni pour le progrès social… mais pour un meilleur accompagnement des salariés licenciés qui pour conserver leurs allocations chômage, devront se reconvertir pour accéder à des emplois délocalisés … la CGT est devenue comme les autres, réformiste et réformatrice… une nouvelle roue au char impérialiste.

    Mais combien de temps la CGT va-t-elle tenir dans cette voie ? Les syndiqués et les bases syndicales vont-ils accepter cette nouvelle CGT mise sur les rails du compromis avec le capital ? Combien de salariés vont se poser la question sur l’adhésion ou et de syndiqués vont rester adhérents ?

    Cette forfaiture est le résultat de 15 années d’adhésion à la CES et de la modification des statuts pour se soumettre aux diktats libéraux en faisant croire qu’ils sont combattus. Car rappelons les propos en juin 2008 de Joël Decaillon, le dirigeant (pro TCE en 2005) de la CGT SNCF devenu n°2 de la CES après avoir mené une bataille interne pour faire accepter l’adhésion en 1999 : « La nature du changement technologique est fondamentale. Les syndicats, par leur rôle dans l’entreprise, devraient intervenir dans ce débat. Les accords entre partenaires sociaux ont une importance capitale, et la société doit accepter une certaine sophistication de sa démocratie. La dérive populiste actuelle n’y aide pas »

    Personne à Montpellier, n’avait su réagir à cette petite phrase prononcée par B. Thibaut, le pire des réformistes avait prévenu en déclarant : « il nous faut sortir les bons ballons de la mêlée, ceux que la CGT devra jouer »… voilà la direction confédérale de la CGT vient une nouvelle fois et en pleine crise d’identité, de bafouer son histoire et la démocratie syndicale, mais en faisant s’écrouler la mêlée pour donner des points à l’adversaire de classe.

    Aussi, rappelons ce qu’affirmait Thierry Lepaon, l’un des dirigeants les plus contestés de la CGT, dans le journal le Nouvel Economiste du 19 février 2014 : « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents… et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté »… Comment peut-on affirmer dans ce pays livré aux chiens fascistes et aux requins de la finance, dans ce pays où la misère sociale touche près de 25% de la population totale, qu’il n’existe aucune opposition de principe de la CGT pour face au patronat et aux actionnaires ?

    Mais déjà en octobre 2013, la direction confédérale montrait déjà des signes d’allégeance au gouvernement, avec cette déclaration d’Éric Aubin : « il faut tenir compte de la bonne volonté du gouvernement socialiste pour créer des conditions plus favorables qu’en 2010 à la défense de nos retraites ». Mais il avait ajouté « Mais les capitalistes font pression pour imposer une contre-réforme »

    Donc ce que la direction confédérale de la CGT nous avait dit par la voix d’Éric Aubin, c’est que le PS serait heureux de nous épargner les réformes, mais que malheureusement la classe capitaliste n’est pas d’accord. Ceci nous éclaire sur la complicité entre les dirigeants sociaux-démocrates du PS et les dirigeants réformistes de la CGT.

    Mais cette aristocratie syndicale, aujourd’hui confortablement installée dans des structures déconnectées de la réalité et de leurs bases, trahit la CGT, ses valeurs historiques et son histoire. Une histoire jalonnée de luttes et de combats au prix des larmes et du sang, menés par des dirigeants respectables et respectés parce qu’ils étaient avant tout des hommes et des femmes de terrain et formés à l’école de l’exploitation capitaliste.

    Mais aujourd’hui, des dirigeants permanents n’ont jamais été confrontés… donc combattre et vaincre l’aristocratie syndicale dans la CGT est indispensable, et dans le cas contraire, ce serait accepter la mort prochaine de cette confédération qui va fêter ses 120 ans en 2015 !

  4. Flo dit :

    Interview de Gérard Ré, n°1 CGT des alpes maritimes sur France Bleu Azur, mardi 16 décembre 2014

    Les enjeux de la confédération: Donner des explications, de la transparence sur la trésorerie de la Confédération à nos syndiqués.

    Deux chiffres importants:
    « 75% de la trésorerie de la CGT provient des adhésions des syndiqués(c’est loin d’être le cas pour toutes les organisations syndicales!)
    40 centimes par syndiqué, c’est ce que coûte l’affaire Lepaon ».
    La majorité des syndiqués considère que la lutte est ailleurs, envers le capital et sa gestion n’en déplaise aux médias
    qui s’ échauffent sur un problème à régler en interne. Les structures de la CGT sont conçues et outillées pour cela aussi.

    http://www.francebleu.fr/infos/l-invite-de-france-bleu-azur/l-invite-de-france-bleu-azur-338

 

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