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LES IMPOSTEURS EXULTENT… ces « winners » cyniques et farcis aux milliards !

Posté par 2ccr le 28 janvier 2016

 imposteursLes classes dominantes exultent. Elles ont gagné la bataille des idées. Elles ont profité de la crise, leur crise, pour opérer un renversement radical de valeurs, pour crédibiliser leur alternative – ultra libérale – à la crise de leur système : le néolibéralisme. Ils assurent tous deux l’hégémonie de classe, le contrôle social, leur pérennité au pouvoir, l’accumulation infinie des profits…

Elles sont parvenues à faire accepter au plus grand nombre des choix politiques de « restauration » et de régression totale. Elles ont fait basculer le pays dans une société en rupture avec celle qui était globalement la nôtre depuis la Libération. Orwell, Hugo, Zola, Jaurès, les philosophes, les pionniers du mouvement ouvrier, les front-populistes, les Résistants, doivent se retourner dans leur tombe.

Les classes dominantes ont inversé gaîment les termes de la lutte des classes, alors qu’au même moment, à gauche, certains se demandaient où elle était passée.

Ces spoliateurs pleins aux as culpabilisent à fond la caisse les classes populaires, rendues responsables de la situation. Les exploiteurs, les privilégiés, sont désormais ces planqués de fonctionnaires protégés par l’insupportable « statut de la fonction publique », vieille relique communiste, tous ces parasites nantis, bénéficiaires des « minimas sociaux » et qui s’enrichissent en dormant, ces feignasses de chômeurs assistés, allergiques au travail, ces faux crève la dalle de précaires, ces fauchés qui ont un statut et le défendent…

Le ministre de l’Economie du gouvernement « socialiste » vient d’atteindre les sommets de l’abjection en déclarant que la vie est plus facile pour les salariés que pour les « entrepreneurs » (amalgamant au passage richissimes cossus du CAC 40, qui s’empiffrent de dividendes, et petits tôliers de PME qui tirent -pas toujours- le diable par un bout de queue). Ce Monsieur Macron, cynique politicard transgénique, ce « winner » (« gagneur » prêt à tout) farci aux milliards, plaide pour sa classe, sans hésiter à semer froidement l’imposture, la haine, le mépris de la populace, à accentuer les déjà vertigineuses fractures de la société, celles qui produisent des monstres que l’on instrumentalise ensuite… C’est dégueu !

Les exploités sont aujourd’hui les entrepreneurs SDFéisés, les pauvres patrons victimes de prélèvements assassins et du garrot des anachroniques 35 h, les « héritiers » sans thune et autres rentiers indigents qui se pressent aux restaus du cœur… Alors que les caissières de supermarché, les maçons ; les éleveurs, les secrétaires, les infirmières… se dorent aux Antilles. « SVP. A votre bon cœur. Une petite pièce pour le Medef ».

Les classes dominantes sont parvenues à convaincre la majorité que « l’on en fait trop » pour les « perdants », que les inégalités sont facteur d’efficacité économique, que « l’Etat social » freine la modernité et le progrès, l’enrichissement de ceux qui le méritent : les « gagneurs », ceux qui bossent vraiment, sans compter les heures, que les plus entreprenants agonisent, fauchés sous « les charges » mortelles , de plus en plus mal acceptées, que le niveau machupichesque des prélèvements empêche la création d’emplois, que trop d’égalité nuit à l’économie, qu’en dehors du marché et de la jungle, voire de la barbarie, point de salut. Cela nous fait reculer de plus d’un siècle.

Mesure-t-on assez ce véritable tremblement de terre ?

Or la réalité que ces usurpateurs travestissent est tout le contraire de ces « logiques » terrifiantes, homicides, liberticides. Seul le niveau élevé des investissements publics, des dépenses sociales, une réforme fiscale frappant les colossaux revenus financiers, et un « Etat social » de la solidarité, de la juste redistribution, du partage, assurent la cohésion sociale, freinent les inégalités, jouent le rôle d’ « amortisseur social ». Civilisent.

C’est le coût du capital, la course aux dividendes exorbitants et à la rémunération maximale de ce capital, qui saignent, stérilisent, l’économie.

Le service public, diabolisé en diable, contribue lui à la réduction des inégalités qui n’en finissent pas de se creuser, d’atomiser le tissu social, selon les enquêtes et rapports de l’Institut BVA, de l’Observatoire des inégalités, de l’ONG Oxfam.

Le revenu des familles pauvres françaises a baissé de 4% entre 2008 et 2012. Celui des riches non. Et puis ces 8,8 millions de fainéants qui se la coulent douce à l’abri sous le « seuil de pauvreté », selon l’Insee, qu’attendent t-ils pour se friquer ? Le premier des droits de l’homme n’est-il pas celui de s’enrichir ? Combien « d’entrepreneurs » parmi ces 8,8 millions d’indolents ?

Les 10% de ménages français les plus riches possèdent près de la moitié des richesses du pays (source : BVA… non reprise par la « Pravda »). 80 milliards de fraudes des plus gros échappent à l’impôt, les cadeaux fiscaux (exonérations de charges …) aux groupes (jamais repus), aux nouveaux et anciens rupins, se chiffrent en dizaines de dizaines de milliards, alimentant la spéculation, l’enrichissement des élites, et non l’emploi. Un emploi créé dans le cadre du CICE (crédit d’impôt…) coûte 100.000 euros. Cher le taf ! On vient d’apprendre que même l’espérance de vie en bonne santé recule. Quel progrès ! Autant de retraites en moins à payer !

Et puis… C’est pendant la période où la consommation était soutenue, les prélèvements élevés, le capital et les revenus le plus taxés, pendant les fameuses « Trente glorieuses », que le capitalisme a le mieux fonctionné. CQFD.

Alors cela commence à bien faire qu’ils nous prennent pour des glands. Qu’ils nous enfument. Va -t- on continuer à proposer des demi-mesures, petit bras, que le système peut absorber, ou avancer des réformes de structure, radicales, qui s’en prennent à la toute-puissance du capital, qui configurent une alternative révolutionnaire de bien commun, de socialisations, de gestion et contrôle par les travailleurs, les usagers, de partage et solidarité… ? Qui assure la victoire de la raison. « Socialisme ou barbarie » ?

Jean Ortiz sur LGS

Et lire aussi :

GAVER LES RICHES N’A EU QU’UN SEUL EFFET … l’augmentation du chômage et de la précarité !

3 Réponses à “LES IMPOSTEURS EXULTENT… ces « winners » cyniques et farcis aux milliards !”

  1. Philippe30 dit :

    Merci pour votre coup de gueule justifié à 100 %
    La société s’est mutée en société de consommation individualiste où le confort relatif et le matraquage à la TV d’images pessimistes ont conduit la plupart des personnes à se satisfaire de ce qu’elles ont.
    Les valeurs de lutte initiés au début du XX ième siècle ne sont plus celles d’aujourd’hui avec cette individualisation.
    Par contre à trop en faire dans le sens de l’appauvrissement provoquera des troubles et effectivement toute forme de trouble est anticipée par un état d’urgence sous la raison du terrorisme.

    Nous voyons avec les « socialistes » l’absolu rejet de toute conviction et la soumission totale au marché et patronat , seuls les socialistes pouvaient mener une telle dérive libérale pour le grand capital sans déclencher de manifestations , interdites par l’état d’urgence à ce jour.

    Qui de la droite ou de la gauche peux mener des réformes pour le bien de tous et non d’une élite ?

    Aucun parti à ce jour n’est satisfaisant , le système est verrouillé par l’Europe et la mondialisation.
    Les perspectives sont sombres dans beaucoup de domaines.

    Je ne crois pas à une révolution car les élites sauront laisser juste ce qu’il faut pour contenter le peuple

    L’histoire continue toujours avec autant d’injustice , de misère et de morts depuis des siècles

    Philippe

  2. Buta dit :

    Merci pour ce coup de gueule.
    Ce qui me fout encore plus en rogne c’est d’entendre des « petites gens », eux même exploités, plaindre et défendre les puissants.
    Ce comportement est bien décrit dans la vidéo « Le syndrome du larbin ».

  3. fred dit :

    après le code du travail, je leur propose ensuite de s’attaquer au code de la finance qui fait lui aussi 3000 pages et dont curieusement Dominique Seux, Robert Badinter et consorts ont oublié de parler…

 

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