VOUS PENSIEZ ETRE A L’ABRI ?

Posté par 2ccr le 30 avril 2016

APTOPIX Mideast IraqDes robots sophistiqués destinés à travailler menacent de rendre superflus de nombreux métiers de travailleurs ayant peu de formation, c’est du moins le message qui transparait dans de nombreux discours, et également au travers de nombreux médias. Évidemment, seuls les emplois manuels « basiques » sont mis en danger par cette robotisation rampante. Vraiment ? Voyons voir.

 M. X est médecin, dix ans d’études, belle rémunération, quartier bourgeois. Il n’a pas encore entendu parler de Watson, le logiciel d’IBM qui a gagné le jeu télévisé Jeopardy en 2011 et qui s’est reconverti dans la médecine. Et qui offre sans doute le meilleur diagnostic médical du monde, c’est-à-dire meilleur que celui des médecins en chair et en os (en tout cas, c’est avéré pour les diagnostics sur le cancer). Dans dix ans, le métier de M. X ne consiste plus qu’à interroger un système expert automatique et bien meilleur que lui, comme Watson. Dans quinze ans, la moitié de ses patients font la même chose eux-mêmes sur internet sans bouger de leur canapé. Heureusement, c’est l’année de son départ à la retraite. Il est remplacé par une assistante sociale qui reçoit les patients uniquement pour conserver un minimum de contact humain.

 Mme Y est universitaire, docteur en chimie (bac + 9), suffisamment brillante pour avoir décroché un poste d’enseignant-chercheur. Difficile cependant de publier dans les meilleures revues : heureusement qu’il lui reste l’enseignement. C’est sans compter sur les CLOM (cours en ligne ouverts et massifs, ou MOOC) : dans chaque discipline et pour chaque niveau, seuls les trois meilleurs cours du monde survivent et sont suivis par des millions d’étudiants. Sans étudiants, Mme Y n’est plus rentable : elle se fait licencier de son université qui ferme ses portes.

 Un ingénieur ? Remplacé par de nouveaux logiciels qui font la même tâche mieux et plus vite. Un trader ? Idem. Un commercial ? Peut-être survivra-t-il plus longtemps, mais les achats se font de plus en plus à distance via internet. Guide touristique ? Remplacé par les smartphones. Traducteur ? Idem.

 Nous pourrions multiplier les exemples à l’infini. Les métiers les plus qualifiés ne sont donc pas plus à l’abri que les autres : caissier dans une grande surface ? C’est déjà un métier du passé. Commerce de proximité ? Vampirisé par internet. Travail à l’usine, en entrepôt, ouvrier ? Robotisé. Cuisinier dans un restaurant ? Robotisé. Chauffeur de taxi ? D’abord uberisé, puis google-carisé (remplacé par des véhicules automatiques, comme tous les chauffeurs d’ailleurs). Maçon ? Robotisé ou inutile grâce aux techniques de constructions de pré-assemblage en atelier. En réalité, il est difficile de penser à un métier qui ne soit pas en danger… à part celui de psychologue, tant le sentiment de transition vers un homme « inutile » risque de dominer. Blague à part, les métiers les plus « sûrs » sont maintenant ceux du lien social… au moins tant que les robots ne seront pas aussi bien acceptés que les humains sur cet aspect-là.

 Les robots suffisamment polyvalents pour les tâches qui précèdent vont arriver dans les 15 à 20 ans. Les voitures automatiques seront sur nos routes avant cela. Les logiciels experts meilleurs que les humains existent déjà et envahissent de plus en plus de domaines d’activité. Internet continue à décimer des secteurs d’activité entiers. Tout cela dresse un panorama de la société en 2030 singulièrement différent de la société qu’on connaît actuellement…

 Un seul point vient ralentir cette marche inexorable vers un monde robotisé : le coût. Non que le coût des robots restera prohibitif longtemps, mais celui des humains en revanche, avec la crise et le chômage actuel et à venir, est si bas que ceux-ci restent pour quelque temps encore plus intéressants qu’un robot fonctionnant 24h/24, 7j/7, qui ne se plaint pas et qui ne se met pas en grève.

 La société actuelle pourra-t-elle encaisser ce choc ? Autant le dire tout net : certainement pas tant que le débat politique se focalisera uniquement sur la croissance et le chômage. C’est-à-dire tant qu’aucun gouvernant n’osera remettre en cause l’« idéologie du travail » actuelle. Or, on l’a vu, il ne reste qu’une vingtaine d’années, tout au plus, pour réaliser un virage drastique de notre modèle de société. […]

Source

« Refaire le monde, c’est prendre le risque de déplaire à ceux qui ne veulent pas du tout que le monde soit refait. « … C. PADEMOI

 

 

 

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