Créer un véritable parti révolutionnaire

Posté par 2ccr le 20 mars 2020

Paris: 5th edition of Color Run

Réflexions et discussions avec un militant qui nous a quitté : Copas

Je pense que l’existence d’un véritable parti « révolutionnaire », est indispensable pour faire évoluer les courants de « gauche » comme on dit. Je pense que pour les sympathisants, mais aussi les militants de ces partis, il faut une pensée active et indépendante, indépendante des directions des partis nomenclaturistes et réformistes. L’existence d’un parti révolutionnaire indépendant, même imparfait, est un principe élémentaire pour faire évoluer d’autres courants ; c’est d’ailleurs pour cela que les aigreurs haineuses contre les « gauchistes » ressortent régulièrement.

Un parti révolutionnaire n’est pas là pour exercer le pouvoir pour lui-même, mais seulement pour favoriser les conditions d’une prise de pouvoir par les travailleurs au travers d’une forme d’organisation démocratique qui ne se définit pas en fonction des partis ou des courants politiques, et ni même en fonction de telle ou telle faction syndicale. Il faut inventer, une autre légitimité démocratique différente de la démocratie tenue en laisse par la bourgeoisie, démocratie qui n’engage que ceux qui y croient. Les partis réformistes ont intérêt à isoler les discours d’extrême gauche ou révolutionnaires afin de détourner le débat et de ne pas poser les questions de fond. Le but, est souvent d’éviter par tous les moyens que le mouvement n’aille plus haut. Car plus haut cela pose une question politique de légitimité entre le mouvement populaire et les institutions de l’appareil d’état. La logique de ces partis n’est donc pas de renverser le gouvernement, ni de créer une crise politique, mais simplement de reprendre la main. Pour certains, le mouvement social n’est qu’une béquille pour arriver à traiter des choses plus sérieuses par le haut.

C’est pour cela qu’un parti révolutionnaire doit essayer dès qu’il le peut, de pousser à des formes de résistance et d’offensive allant bien au-delà des périmètres des partis et syndicats. C’est la logique de l’auto-organisation qui se coordonne, à des niveaux divers suivant la puissance des mouvements sociaux, c’est le cheminement de la logique de l’autogestion. Je parle de ceux qui essayent de maintenir la bataille pour le pouvoir des travailleurs par les travailleurs, à commencer par la mobilisation des énergies dans les batailles sociales et la coordination des luttes.

Ce qui fait les bonnes réformes c’est quand la classe populaire montre les dents. En fait, les partis institutionnels n’ont pas envie de grands mouvements populaires qui s’émanciperaient de leurs tutelles, et il faut se souvenir que les grandes avancées sociales, notamment en 36, ou en 68, ont été arrachées par la lutte, et non par la volonté d’un gouvernement, fût-il de gauche.

La démocratie du système, telle qu’elle est, est en crise car elle produit sans cesse des politiques à l’image de la classe dominante. Tant que l’on accepte cet état de fait, il devient très compliqué de se battre contre les politiques menées par les gestionnaires de l’état bourgeois. Il faut construire une autre forme de légitimité démocratique, celle du bas vers le haut, celle du contrôle populaire permanent, celle qui fait les vraies unités et qui construit des outils de résistance réels. Le pouvoir des travailleurs et l’auto organisation de la classe populaire, sont les conditions d’un véritable changement, bien au-delà de toute alliance et magouillage politique, de quelque nature qu’ils soient.

Je pense qu’un parti révolutionnaire doit être l’avant-garde du parti des salariés, précaires, chômeurs et retraités, contrairement aux partis qui préfèrent rester concentrés autour de leurs directions, sur une logique par le haut qui n’a jamais marché, et surtout pas pour pénétrer l’appareil d’Etat. Malheureusement de très nombreux militants ne se retrouvent pas encore dans ce type de parti tout en étant de vrais révolutionnaires. C’est comme ça. Mais pour tous ceux qui sont prêts à le construire, ce parti révolutionnaire : il leur faut sortir du bois, et réellement se mettre à la tâche, mais pas par des débats interminables. Il faut le construire par le bruit et la fureur des vrais combats sociaux. Des formes inédites de regroupements politiques peuvent se faire à cette fin mais il faut innover, inventer. Alors, entre gauche réformiste ou gauche révolutionnaire, à vous de choisir !

« L’art de la politique est de faire en sorte que les gens se désintéressent de ce qui les concerne » …Daniel MERMET

 

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